lundi 23 juin 2008
My heart is in Ireland
La Guiness avait coulé à flot, en cette fin d'après-midi, pourtant, personne n'eut le regret d'en excéder. C'est un peu comme si toute personne mettant un pied sur l'île développait une tolérance anormale à la bière du terroir irlandais, célèbre, entre parenthèse, dans le monde entier. Le chemin pour rejoindre Temple Bar, la vieille ville, était long. Mais rien n'aurait pu nous empêcher d'emprunter ce trajet, pourtant répété matins et soirs, afin de nous rendre au cœur du plus fabuleux rassemblement d'êtres humains que la terre puisse connaître.
A droite comme à gauche, de petites maisons typées semblaient recueillir en elles des secrets inexploités. Les fenêtres laissaient apparaître des décorations dignes de vieux films traitant de l'Irlande profonde. Pourtant, rien n'aspirait à fasciner. Les Dubliners se contentent uniquement de vivre leur petit bout de chemin grâce à un mélange de nostalgie et de progrès. Nos pas semblent se coordonner, et nos ombres s'étendent sur toute la longueur de la rue, désormais déserte.
Petit à petit, les maisons deviennent des immeubles, et les petites rues, des voies plus imposantes. Pourtant, rien n'agresse nos yeux, ou nos oreilles. Les conducteurs s'appliquent à respecter les limitations de vitesse, les immeubles sont d'une beauté à couper le souffle grâce à leur style typique, les piétons se font discrets, mais sereins, ce qui donne une atmosphère on ne peut pas sécurisante.
Nous empruntons une vois piétonne, nous y sommes presque. Au fil de nos pas, une musique celtique à l'origine à peine perceptible glisse au creux de nos oreilles. Nous ne parlons plus de piétons isolés, il s'agit maintenant d'une foule d'hommes et de femmes, marchant tous dans la même direction. Leur programme de ce soir est le même depuis qu'ils sont nés. Pourtant, même tout l'or du monde ne les empêchera pas d'en frémir encore et encore.
Dublin est une ville dans laquelle 800 pubs, la plupart typiques, tous plus attractifs les uns que les autres, se partagent la superficie de la ville de Lyon. La musique est maintenant très bruyante. A travers les petits carreaux, séparés par des arceaux rouges, verts, ou noirs, on peut apercevoir des salles bombées d'individus de tout âge, brandissant leur pinte, le sourire au lèvre. Comme chaque soir, ils chanteront, danseront, et boiront, à la gloire de leur Eire natale.
Nous entrons dans un pub au hasard. Nous sommes ici depuis des mois, mais ne pourront jamais tous les tester. Les places assises se font rares, mais il n'est pas rare qu'un groupe d'autochtones vous convient à leur table. C'est ça l'Irlande : vous sortez à deux, buvez à dix, rentrez à vingt. Et vous ne le regrettez jamais. Comme chaque soir, nous commandons une pinte chacun (équivalant à plus d'un demi litre). Nous commençons à discuter, comme chaque soir, avec des personnes de tout âge, ravies de croiser des étrangers.
La musique est tout bonnement fabuleuse. Les celtes cultivent cette culture musicale depuis des siècles pour le plus grand plaisir de nos oreilles. Tour à tour, puis entremêlés, la flûte, le whistle, l'uilleann pipe (un genre de cornemuse) ou encore le fiddle (un genre de violon) créent un ensemble musicalement magique, qui emballe les corps et enflamme les coeurs. Nous dansons et chantons en choeurs, et portont gloire aux contrées et légendes de l'île.
Il est difficilement immaginable, lorsque l'on ne connait pas, de supposer que des êtres qui ne se connaissent pas puissent s'unir dans un bien commun, en totale confiance. Mais détrompez vous, un regard échangé, et il s'agira de votre ami pour la nuit toute entière. Nous laissons nos effets personnels sur les banquettes. Personne n'aura l'envie de les emporter, et encore moins dans la maison du Leprechaun. Levons un verre à cette magie.
Ce n'est qu'au petit matin que nous sortons du pub, tout exités. Il nous faut alors rentrer, car dans quelques heures, il faudra remettre ça. La légère brise de la veille a laissé place à un air léger et étonnament doux. Les premiers rayons de soleil traversent les nuages et trahissent les préjugés. Encore une fois, la journée sera belle. A quelques kilomètres de là, comme dans tout le pays, la rosée fait luir les calmes vallons verdoyants.
Nous nous rendons alors dans un Bed&Breakfast, afin d'y déguster le petit déjeuner typique : oeufs au plat, saucisses, beans, bacon, champignons, boudin noir, brown bread, assemblés sous le doux nom de Full Irish Breakfast. L'accueil y est chaleureux, comme toujours, et quel que soit l'endroit. Ce n'est qu'après ce festin que nous retrouvons notre appartement, le ventre plein, les muscles raides et des mélodies plein la tête.
Il faut maintenant se reposer, car demain, ce sera pareil. Mon collocataire s'est endormi comme une tombe. Allongé dans mon lit, les yeux fixant le plafond, je repasse en revue la soirée merveilleuse que je viens de passer. Rien n'est plus beau que de vivre un tel moment, avec une telle chaleur humaine. Je ferme les yeux. Rien à redire, chaque jour est une nouvelle preuve : My heart is in Ireland.
mercredi 18 juin 2008
Ce que je n'ai pas
Je n'ai pas de smoking
Je n'ai pas de belles chemises Hugo Boss
Je n'ai pas un sourire de tombeur
Je n'ai pas des dents blanches comme neige
Je n'ai pas la coupe de cheveux de Brad Pitt
Je n'ai pas non plus la carrure de Brad Pitt
Je n'ai pas de grosse voiture rouge
Je n'ai pas un sens de l'humour exceptionnel
Je n'ai pas la répartie du petit Nicolas
Je n'ai pas un talent de beau parleur
Je n'ai pas le gêne du romantique
Je n'ai pas de boucle d'oreille (pas contre toi, Lionel)
Je n'ai pas appris à danser la tecktonik
Je n'ai pas de sous
Je n'ai pas de copine (notez)
Je n'ai pas d'envies
Je n'ai pas de cohérence décisionnelle
Je n'ai pas de carte d'adhérent à l'UMP
Je n'ai pas de carte d'adhérent au PS
Je n'ai pas de télé LCD
Je n'ai pas de lit double
Je n'ai pas de quatrième langue utilisable
Je n'ai pas de beaux mollets
Je n'ai pas de gros bras
Je n'ai pas un torse épilé et sulfureux
Je n'ai pas des dizaines d'amis
Je n'ai pas plus de deux ou trois amis valables
Je n'ai pas un beau visage
Je n'ai pas la surface capillaire de George Clooney
Je n'ai pas de maison
Je n'ai pas d'abonnement à un magazine de mode
Je n'ai pas l'esprit nationaliste
Je n'ai pas le dernier album de Micka
Je n'ai pas de qualités étonnantes
Je n'ai pas une belle voix
Je n'ai pas une grande dextérité
Je n'ai pas une grande espérance de vie
Je n'ai pas de pot de fleur sur mon bureau
Je n'ai pas de diplôme à part le bac
Je n'ai pas de défauts disimulables
Je n'ai pas de bonheur
Je n'ai pas trop de malheurs
Je n'ai pas spécialement peur
Mais au moins j'ai des valeurs.
Et selon moi, mieux vaut avoir des valeurs dans la vie que beaucoup de qualités superficielles. Je pense à tous ces mecs qui me méprisaient, me méprisent et me mépriseront, draguaient mon ex devant mes yeux, trompent leurs copines, sont persuadés qu'ils sont sublimes et qui ne se remettent jamais en question.
Parmi ceux-là, que celui qui a déjà pensé au sens de la vie me jette la première pierre.
Signé, un mec jaloux de tous ceux qui n'ont aucune raison de l'être. Ou plutôt, l'inverse.
Bien à vous,
dimanche 15 juin 2008
Life is a Funk Music
Viennent alors les premiers accords, le gosse comprend qu'il doit apprendre à marcher, lire, se débrouiller tout seul et qu'il ne sera pas chouchouté toute sa vie. La vie parait plus compliquée, mais semble encore bien loin du brouhaha cacophonique auquel il aura droit dans les années à venir. Les ponctuations rythmiques s'enchaînent, telles des vagues, liées au rythme de la vie.
C'est alors qu'une voix s'élève. La vie prend une nouvelle dimension, apparition d'éléments perturbateurs, puberté, première copine, ce nouvel élément surprend plus par son intensité, pas spécialement désagréable, que par son intervention. On y découvre avec joie que la vie ne se limite pas à satisfaire son prochain, mais aussi à se créer une identité, sa propre identité, basée sur son propre style.
Nouvelle dimension, le rythme accélère, une seconde voix s'élève, celle de l'être aimé. Elle s'arrête brièvement, puis reprend, puis disparait de nouveau, pour plus longtemps. Ainsi est faite la vie, de bonheurs puis de malheurs en amour. Avant un certain penchant pour le malheur, globalement ? Enfin, cette seconde voix semble s'accorde à la première, et ne dérange plus. Le petit jeunot vient de trouver sa future femme. Du moins, c'est ce qu'on lui souhaite.
Alors c'est l'extase. Le rythme semble parfait, pas la moindre fausse note, l'atmosphère est électrisée, dum-da-doo-dum-bah, une certaine jouissance se dégage de chaque seconde d'écoute, tout semble fluide, parfaitement lié. Bébé, maison, tout semble parfait. Petit à petit, les cuivres s'ajoutent à la fête, et strient avec parcimonie, comme si de grands changements venaient à surgir. Attention les oreilles, ça va funker.
Et puis c'est alors qu'intervient le solo. La deuxième voix cesse, elle ne reviendra plus. Les instruments, ou plutôt les éléments extérieurs à la vie de couple, les amis, les petits plaisirs, les petits et grands projets personnels, prennent une plus grande importance dans la vie. Mais la motivation n'y est plus, on se lasse alors vite de la vie puisqu'ennuyeuse.
C'est alors que la mélodie reprend de sa superbe. Cette œuvre collective, encore plus terrible que la précédente, ne semble pas pouvoir s'amenuiser. Nouveau départ, nouvelle vie, grand déménagement, les affaires reprennent et le rythme s'en ressent. On reprend espoir, puis on prend du plaisir. Les notes déchaînent, et les réussites s'enchaînent.
Malheureusement, le rythme baisse de régime. On croit déceler la fin du morceau. Arrêt total, crainte, hospitalisation. Et comme par enchantement, ça repart. Le groove semble extensible et modulable. Nouvel arrêt. Et les cuivres repartent de plus belle, avec un dernier enchaînement, tels de derniers jours heureux et paisibles. Et là, alors que l'on ne s'y attend même plus, c'est la fin.
Tout ça pour dire que la vie ressemble à une funk music. Elle démarre calmement, puis accélère, est vécue de manière solitaire par moment, puis en duo par d'autres, évolue, dévolue, mais reste globalement basée sur un flow fort agréable : nous l'appellerons la foi. Elle se termine aussi misérablement qu'une funk music : un seul instrument, seul au monde, continue de croire que s'il s'égosille, il s'en sortira. Seulement voilà, la playlist est longue, et il faut alors laisser la place aux jeunes.
Mais il y a une chose qu'il faut retenir de tout ça : Funk vient de Funky, qui littéralement signifie "puant". A bon entendeur.
Bien à vous,
dimanche 8 juin 2008
Le tête à tête silencieux
Le trajet commença plutôt mal. Les essuies-glace, mal entraînés, avaient toutes les peines du monde à suivre le rendement attendu, et les gouttes s'étalaient à leur aise sur le par-brise, les unes après les autres. Les kilomètres pour rejoindre le logement étaient nombreux, et plus le temps passait, plus le trajet semblait s'allonger. L'obscurité de la nuit rendait le périple encore plus périlleux, et la motivation venait à manquer.
Les traits blancs réfléchissaient à la lumière des réverbères et s'enfuyaient aussi vite qu'ils apparaissaient. Seule la ligne continue semblait être fidèle, aussi sobre et élégante qu'à ses premiers jours. Un élément inhabituel apparu pourtant, sorti de nulle part, le bras tendu et le pouce provoquant les goutes. De manière plutôt inattendue, le véhicule freina, puis s'immobilisa quelques mètres en aval. La masse sombre couru dans sa direction.
- Je souhaite aller à Craponne s'il vous plait.
- C'est sur ma route, montez.
Telle une agression, l'air frais et venteux ainsi qu'une horde de particules d'eau prirent la précaution de profiter de l'occasion pour participer au trajet. La voiture redémarra, et le rythme initial reprit des couleurs. La pluie ne cessait pas, et pire, redoublait de volume. Tlaloc, Dieu de la pluie, voudrais-tu arrêter tes chamailleries cinq minutes s'il te plaît ? Tes actions ne plaisent pas à tout le monde. Merci. La capuche noire, car c'est son nom, marmonna :
- Quel temps ignoble, je veux du soleil, par pitié.
- J'ai arrêté de me faire des illusions le jour ou j'ai découvert que l'espoir n'a pas lieu d'être.
- En tout cas vous me sortez d'une grosse galère, croyez-moi.
- Je n'en doute pas.
C'est alors que la capuche noire cessa sa prétention et laissa découvrir un visage féminin, on ne peut plus exquis. Il semblait taillé dans le coton, aux formes parfaites, accompagné d'yeux volant la vedette au reste. La recherche du moindre défaut, durant cet instant, fut infructueuse, on pourrait d'ailleurs suspecter notre jeune demoiselle d'en connaître la signification. Le trajet allait, en son fond, naturellement et radicalement changer.
Car d'une aide d'un inconnu envers un autre, cette étape est en un instant devenue le tête à tête silencieux entre la belle et la bête. Ne sachant que dire, l'un par intimidation, l'autre par humidité, les deux êtres dévisageaient la route avec une nonchalance accablante. Les minutes filaient à la vitesse de l'éclair pour l'un, humidement pour l'autre. Les kilomètres filaient, et notre conducteur maudissait en cachette la capuche, inconsciente de sa chance.
Car à sa place, il se serait étendu de tout son large par crainte que la moindre goutte n'effleure le trésor recelé en son antre, aurait appelé ses amies capuches pour venir l'aider si besoin en était, et aurait trouvé une solution pour rentrer à la maison sans la moindre encombre. Son principal problème étant qu'il n'était pas sa capuche. Nous nous approchions de leur séparation, et seule la musique venait heurter le silence angoissant qui régnait.
Toute bonne chose a une fin, malheureusement. Le véhicule s'immobilisa de nouveau, au coin d'une rue. Sans doute au berceau de la joliesse ? La masse sombre détacha sa ceinture, ouvrit sa porte, permettant ainsi une nouvelle agression de gouttes et de particules d'air doublement fautives : et froides, et en mouvance. La jeune fille sorti du véhicule. Même la manière de s'en extraire semblait parfaite. Peut-être s'était-elle entraînée précédemment ?
- Vous me sortez d'une grosse galère, merci !
- Une nouvelle fois ou globalement ?
Un sourire timide sembla se dessiner sur son visage, et immédiatement la porte se referma. Les deux êtres s'éloignèrent, chacun dans une direction opposée. Ce tête à tête silencieux avait été bref mais intense, prompt mais extrême, laconique mais profond. Et c'est ainsi qu'un aussi petit évènement illumina temporairement la nuit d'un être malheureux.
mercredi 4 juin 2008
Les escaliers
1ère marche. Les portes du métro se referment quelques secondes après son passage. A défaut d’avoir été bonne, sa journée n’a pas été ennuyeuse. Las de tout, il prend la direction du parking, noyé dans ses idées.
10ème marche. Sa voiture est mal garée. Qu’importe, elle n’a qu’un petit aller-retour à faire, cela devrait suffire. Elle s’en veut d’avoir oublié le document chez ces clients, qui d’ailleurs, ne devraient pas tarder à les trahir.
2ème marche. Ses chaussures de costard coûtent plus chers que l’ensemble des vêtements du jeune homme qu’il vient de croiser. Son métier ne lui plait pas, mais au moins, il est très prolifique. Ses chaussettes noires dépassent à peine.
9ème marche. Elle n’aurait sans doute pas du prendre cette paire. Ses talons blanc sont du plus bel effet lors des soirées, mais ne sont pas pratiques, surtout dans le métro. Mais elle n’avait pas le choix : passer par chez elle lui aurait fait perdre trop de temps.
3ème marche. Très élégant, il est vêtu d’un costard noir tirant un peu sur le gris. Sa chemise et sa cravate s’uniformisent afin de créer un ensemble de très bon goût. Ses cheveux sont très courts, peut-être un peu trop à son goût.
8ème marche. Sa robe rappelle le printemps ; les différentes couleurs présentes, du rouge, du vert et du jaune, s’emmêlent de manière très distinguée. Son pari a été gagnant, il n’a pas plut de la journée, et le soleil n’a pas été aussi timide que les derniers jours.
4ème marche. Il repense à sa journée, avec dégoût. Ses yeux bleus croisent le regard des passants mais son cerveau est trop occupé à se remémorer les mauvais moments. C’est alors qu’elle le sort radicalement de ses idées.
7ème marche. Pourvu que je n’aie pas trop à attendre le métro, se dit-elle. Elle déteste entrer dans le métro quand tout le monde sort. Cela donne selon elle l’impression d’aller à contre-courant, d’être non-intégré dans la société. C’est alors qu’elle le voit.
5ème marche. Son regard se fige, il s’arrête. Il n’avait jamais vu une fille aussi belle, si lumineuse, contrastant avec la grisaille underground. Il aimerait profiter un maximum de cette seconde durant laquelle ses yeux affrontent les siens.
6ème marche. En l’espace d’un instant, tous ses problèmes ont fui. Elle se tient debout, face à lui. Elle sent que sa vie va prendre un nouveau tournant. Elle voudrait s’abandonner à lui. Son cœur bat à cent à l’heure, et mieux, il semble réceptif.
Et maintenant, que faire si nous sommes heureux ?
dimanche 1 juin 2008
Notre maladie à tous
Je souhaiterais vous parler d’une épidémie qui touche de plus en plus de français aujourd’hui, je veux bien entendu parler de cette maladie naïvement nommée « Amour ».
L’amour est une maladie apparue il y a plusieurs dizaines de millions d’années, au grand damne de dizaines de milliards d’êtres vivant sur terre et ce de génération en génération. Elle ne touche pas uniquement les êtres humains mais également une partie des animaux, ce qui fait d’elle la maladie la plus courante du monde, devant le rhume et la foi. Malheureusement, le pire dans tout ça n’est pas qu’elle est courante, mais qu’elle est dangereuse, voire mortelle dans certains cas.
Il a déjà été prouvé que certains animaux décident de « mourir d’amour », c'est-à-dire de se suicider lorsqu’ils découvrent qu’ils sont touchés par cette maladie, en se jetant d’un précipice ou en arrêtant tout simplement de se nourrir. Le problème chez l’être humain est que dans une société comme la notre, le suicide est tout simplement interdit, et même s’il ne l’était pas, l’homme a trop peur de la mort pour soulager son malheur lié à cette horrible maladie.
Ce fléau a, à travers les âges, prit une dimension de plus en plus importante. Il y a encore quelques siècles, les mariages arrangés permettaient de se préserver plus ou moins de cette maladie grâce à des efforts importants. Il était possible de s’enfermer du matin au soir dans une pièce, tel un hypocondriaque, afin de ne croiser le regard d’aucune espèce féminine porteuse du virus. Aujourd’hui, l’homme a le choix entre mourir seul et con ou en couple et gravement malade. Est-ce une vie ?
L’être humain peut être victime de ce désastre dès son plus jeune âge, envers les membres de sa famille. Il ne se rend compte de sa peine que vers l’âge de 6 ans, lorsqu’il découvre que ce n’est pas uniquement sa famille qu’il doit fuir, mais la communauté toute entière s’il souhaite être heureux. Cela tombe à point nommé avec la citation « pour vivre heureux, vivons cachés ». Je la modifierai néanmoins quelque peu : « Pour vivre heureux, vivons seuls ».
Le plus affreux dans tout ça, c’est que cette maladie vous colle à la peau dès votre plus jeune âge, et ce jusqu’à votre mort. Et ce sont dans ces derniers moments qu’elle est la plus lourde à supporter. Ce parasite vous obligera à mourir angoissé et non soulagé : vous aurez l’obligation de penser non pas au paradis mais à vos enfants, votre compagne, vos proches, aux gens qui vous aiment et aux gens que vous aimez : votre mourrez, mais n’avez aucun mérite : ils souffrent.
Aujourd’hui, personne n’est à l’abri de ce cataclysme : jeunes, vieux, maigres, gros, femmes, et pire, HOMMES, nous ne sommes que de la chair fraiche pour cette maladie aux dents longues. N’essayez pas non plus de l’éviter, elle vous frappera dans le dos dès votre premier instant de faiblesse.
Inutile de parler de cancer, de sida, d’hépatites. Ces maladies désastreuses ne touchent pas à ce que je sache entre 4 et 5 milliards d’êtres humains dans ce monde. Et lorsque je vois les symptômes horribles de cette infamie, je prie de tout cœur pour que si une divinité existe, elle prenne le temps de nous libérer de notre plus grand pêcher : l'acceptation de notre auto-destruction.
J'ai écrit ce message comme la plupart des autres, c'est à dire sur un coup de tête. Néanmoins, sachez qu'il faut le prendre avec beaucoup de sérieux. L'amour est une maladie qui attaque le système nerveux. Lorsque vous êtes sa victime, vous êtes persuadé d'être heureux, vous en êtes dépendant. Or aimer rend naïf, et ce n'est que fort naïvement que vous errez à travers le temps et l'espace en étant persuadé d'avoir fait un choix cohérent, vous rendez-vous compte ? Vous n'êtes en faites que la victime d'une épidémie horrible, et ne vous en rendez compte que la prochaine fois que vous soupirerez de plaisir : lorsque vous n'aimerez plus. Aimer est dangereux pour la santé, ne prenez pas même le risque de le consommer avec modération, croyez moi.
Bien à vous,
