Le plus frustrant lorsque l'on termine une soirée est qu'il faut alors rentrer chez soi, d'autant plus qu'en ce Dimanche soir, la pluie est au beau fixe. Les illusions concernant un moi de Juin ensoleillé se sont évaporées, mais cela n'a rien d'étonnant. N'allons pas non plus demander au dérèglement climatique de faire un break, ce phénomène est trop égoïste pour penser aux conséquences de ses actes. C'est donc sans surprise que le parapluie fut de mise à la sortie du pub.
Le trajet commença plutôt mal. Les essuies-glace, mal entraînés, avaient toutes les peines du monde à suivre le rendement attendu, et les gouttes s'étalaient à leur aise sur le par-brise, les unes après les autres. Les kilomètres pour rejoindre le logement étaient nombreux, et plus le temps passait, plus le trajet semblait s'allonger. L'obscurité de la nuit rendait le périple encore plus périlleux, et la motivation venait à manquer.
Les traits blancs réfléchissaient à la lumière des réverbères et s'enfuyaient aussi vite qu'ils apparaissaient. Seule la ligne continue semblait être fidèle, aussi sobre et élégante qu'à ses premiers jours. Un élément inhabituel apparu pourtant, sorti de nulle part, le bras tendu et le pouce provoquant les goutes. De manière plutôt inattendue, le véhicule freina, puis s'immobilisa quelques mètres en aval. La masse sombre couru dans sa direction.
- Je souhaite aller à Craponne s'il vous plait.
- C'est sur ma route, montez.
Telle une agression, l'air frais et venteux ainsi qu'une horde de particules d'eau prirent la précaution de profiter de l'occasion pour participer au trajet. La voiture redémarra, et le rythme initial reprit des couleurs. La pluie ne cessait pas, et pire, redoublait de volume. Tlaloc, Dieu de la pluie, voudrais-tu arrêter tes chamailleries cinq minutes s'il te plaît ? Tes actions ne plaisent pas à tout le monde. Merci. La capuche noire, car c'est son nom, marmonna :
- Quel temps ignoble, je veux du soleil, par pitié.
- J'ai arrêté de me faire des illusions le jour ou j'ai découvert que l'espoir n'a pas lieu d'être.
- En tout cas vous me sortez d'une grosse galère, croyez-moi.
- Je n'en doute pas.
C'est alors que la capuche noire cessa sa prétention et laissa découvrir un visage féminin, on ne peut plus exquis. Il semblait taillé dans le coton, aux formes parfaites, accompagné d'yeux volant la vedette au reste. La recherche du moindre défaut, durant cet instant, fut infructueuse, on pourrait d'ailleurs suspecter notre jeune demoiselle d'en connaître la signification. Le trajet allait, en son fond, naturellement et radicalement changer.
Car d'une aide d'un inconnu envers un autre, cette étape est en un instant devenue le tête à tête silencieux entre la belle et la bête. Ne sachant que dire, l'un par intimidation, l'autre par humidité, les deux êtres dévisageaient la route avec une nonchalance accablante. Les minutes filaient à la vitesse de l'éclair pour l'un, humidement pour l'autre. Les kilomètres filaient, et notre conducteur maudissait en cachette la capuche, inconsciente de sa chance.
Car à sa place, il se serait étendu de tout son large par crainte que la moindre goutte n'effleure le trésor recelé en son antre, aurait appelé ses amies capuches pour venir l'aider si besoin en était, et aurait trouvé une solution pour rentrer à la maison sans la moindre encombre. Son principal problème étant qu'il n'était pas sa capuche. Nous nous approchions de leur séparation, et seule la musique venait heurter le silence angoissant qui régnait.
Toute bonne chose a une fin, malheureusement. Le véhicule s'immobilisa de nouveau, au coin d'une rue. Sans doute au berceau de la joliesse ? La masse sombre détacha sa ceinture, ouvrit sa porte, permettant ainsi une nouvelle agression de gouttes et de particules d'air doublement fautives : et froides, et en mouvance. La jeune fille sorti du véhicule. Même la manière de s'en extraire semblait parfaite. Peut-être s'était-elle entraînée précédemment ?
- Vous me sortez d'une grosse galère, merci !
- Une nouvelle fois ou globalement ?
Un sourire timide sembla se dessiner sur son visage, et immédiatement la porte se referma. Les deux êtres s'éloignèrent, chacun dans une direction opposée. Ce tête à tête silencieux avait été bref mais intense, prompt mais extrême, laconique mais profond. Et c'est ainsi qu'un aussi petit évènement illumina temporairement la nuit d'un être malheureux.
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3 commentaires:
Alors, essayons toujours d'être critique et constructif, en soulignant le bon.
Commençons par ce qui fâche; tout d'abord le style, pas très bon sur cet épisode, des répétitions malheureuses, des petites "blagues" en plusieurs exemplaires, et des passages fastidieux et disons "gnangnan s".
Bien sur retenons le meilleur; avec une histoire vraie, (pas forcément réelle mais qui a priori l'est) et on se surprend à vouloir savoir ce qu'il en est de cette jeune fille, ou est elle?
ps : Ceci n'est pas pour critiquer gratuitement ou dévaloriser, mais cherche à améliorer et à bonifier le fond et la forme.
Bonne journée
Harry, je te remercie de tes commentaires, cela m'aide à avancer et ne me gêne aucunement.
j'adore ce texte moi! tu écris super bien =)
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