La vie n'est autre qu'une funk music. La naissance de tout être semble suivre le courant d'une introduction calme et monotone, basée sur deux accords de basse. Jour, nuit, jour, nuit, les jours se suivent et se ressemble pour le bambin, nonchalant, qui pense encore qu'herbe et eau fraiche suffisent à vivre heureux. Les années passent, telles des secondes plates et frêles.
Viennent alors les premiers accords, le gosse comprend qu'il doit apprendre à marcher, lire, se débrouiller tout seul et qu'il ne sera pas chouchouté toute sa vie. La vie parait plus compliquée, mais semble encore bien loin du brouhaha cacophonique auquel il aura droit dans les années à venir. Les ponctuations rythmiques s'enchaînent, telles des vagues, liées au rythme de la vie.
C'est alors qu'une voix s'élève. La vie prend une nouvelle dimension, apparition d'éléments perturbateurs, puberté, première copine, ce nouvel élément surprend plus par son intensité, pas spécialement désagréable, que par son intervention. On y découvre avec joie que la vie ne se limite pas à satisfaire son prochain, mais aussi à se créer une identité, sa propre identité, basée sur son propre style.
Nouvelle dimension, le rythme accélère, une seconde voix s'élève, celle de l'être aimé. Elle s'arrête brièvement, puis reprend, puis disparait de nouveau, pour plus longtemps. Ainsi est faite la vie, de bonheurs puis de malheurs en amour. Avant un certain penchant pour le malheur, globalement ? Enfin, cette seconde voix semble s'accorde à la première, et ne dérange plus. Le petit jeunot vient de trouver sa future femme. Du moins, c'est ce qu'on lui souhaite.
Alors c'est l'extase. Le rythme semble parfait, pas la moindre fausse note, l'atmosphère est électrisée, dum-da-doo-dum-bah, une certaine jouissance se dégage de chaque seconde d'écoute, tout semble fluide, parfaitement lié. Bébé, maison, tout semble parfait. Petit à petit, les cuivres s'ajoutent à la fête, et strient avec parcimonie, comme si de grands changements venaient à surgir. Attention les oreilles, ça va funker.
Et puis c'est alors qu'intervient le solo. La deuxième voix cesse, elle ne reviendra plus. Les instruments, ou plutôt les éléments extérieurs à la vie de couple, les amis, les petits plaisirs, les petits et grands projets personnels, prennent une plus grande importance dans la vie. Mais la motivation n'y est plus, on se lasse alors vite de la vie puisqu'ennuyeuse.
C'est alors que la mélodie reprend de sa superbe. Cette œuvre collective, encore plus terrible que la précédente, ne semble pas pouvoir s'amenuiser. Nouveau départ, nouvelle vie, grand déménagement, les affaires reprennent et le rythme s'en ressent. On reprend espoir, puis on prend du plaisir. Les notes déchaînent, et les réussites s'enchaînent.
Malheureusement, le rythme baisse de régime. On croit déceler la fin du morceau. Arrêt total, crainte, hospitalisation. Et comme par enchantement, ça repart. Le groove semble extensible et modulable. Nouvel arrêt. Et les cuivres repartent de plus belle, avec un dernier enchaînement, tels de derniers jours heureux et paisibles. Et là, alors que l'on ne s'y attend même plus, c'est la fin.
Tout ça pour dire que la vie ressemble à une funk music. Elle démarre calmement, puis accélère, est vécue de manière solitaire par moment, puis en duo par d'autres, évolue, dévolue, mais reste globalement basée sur un flow fort agréable : nous l'appellerons la foi. Elle se termine aussi misérablement qu'une funk music : un seul instrument, seul au monde, continue de croire que s'il s'égosille, il s'en sortira. Seulement voilà, la playlist est longue, et il faut alors laisser la place aux jeunes.
Mais il y a une chose qu'il faut retenir de tout ça : Funk vient de Funky, qui littéralement signifie "puant". A bon entendeur.
Bien à vous,
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3 commentaires:
Bonsoir Krisis!
ça fait un petit moment que je suis tombée sur ton blog et je prend un plaisir fou à lire régulièrement tes nouveaux posts. Je les trouve en général un peu sombre, défaitistes (pour celui de l'amour= maladie par exemple) mais j'adore ta façon d'écrire, assez simple mais bien imagée tout de même.
J'aime particulièrement ce texte là parce que je suis folle de musique et je trouve ta comparaison tout à fait véridique, et encore une fois bien écrit!!!
Donc voilà, je te souhaite une bonne continuation et régale nous encore longtemps de tes textes!
"Bien à toi"!
Coucou Solène,
Et bien merci beaucoup pour tous ces compliments ... :-)
Je vais sans doute modifier un peu le texte car je ne suis pas satisfait, mais ça restera dans le même genre :-) je l'ai écrit trop vite et sans prendre le temps de placer les bons mots et bonnes phrases aux bons endroits !
Bonne journée à toi :-)
J' admire toujours autant ce que tu écris et je ne sais comment commenter celui ci mais je me dois de le faire (Si cela t' ennuie, n' hésites pas à me le dire ;))
Etant aussi folle de musique, j' ai du mal à imaginer ma vie sans celle ci, alors que tu fasses une telle comparaison, (qui plus est, il s' avère qu' elle est vraie)
J'adhère! ... Encore une fois ;)
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