mardi 7 juillet 2009

Un jour, une vie

Une seconde. Le temps d'un regard, le temps d'un soupir. On croit en la première seconde, car on l'imagine unique. Si courte, si intense, elle n'échappe à personne, mais qui peut bien la saisir ? Ils se seront croisé, se seront remarqué, et commencerons à s'aimer. Cette première seconde, c'est un Big Bang tout entier, la fin d'une ère, le début d'une autre, un cataclysme, tout ça à la fois.

Une minute. Le temps d'un verre, le temps d'un sourire. On désespère, on espère, et finalement, on savoure. Elle est présente devant lui, assise, le fixant dans les yeux. Il la regarde, caché derrière son verre, ne sachant que dire. Il lancera son dévolu, après tout, cela fait déjà une minute. Cette première minute, c'est la naissance d'un "eux", la naissance d'un jeu, qu'ils n'oublierons certainement jamais.

Une heure. Le temps d'un voyage, des premiers plaisirs. On projette, toujours un peu, en fermant les yeux. On surprend, on rend heureux, et pour la première fois, on s'aime à deux. Ils ne regretteront pas non plus cette première heure, pleine de ferveur, qui bercera leur cœur. Cette première heure, c'est la vie à deux, les projets, les mains qui tremblent, et les premiers évènements heureux.

Une vie. La première seconde, la première minute, la première heure. Ils auront senti ces moments glisser entre leurs mains, mais ne regretterons rien. Leur vie, elle, n'aura durée qu'un jour. Mais ce jour là, ils l'auront affronté ensemble, main dans la main, sourire aux lèvres, les yeux brillant. Ils marchent alors en direction de l'aurore, et se retourner ne leur fera plus jamais regretter l'aube.

dimanche 24 mai 2009

Le petit ange

A l'origine, sa vie n'avait pas vraiment de sens. Les jours, teintés d'une atmosphère maussade, se suivaient, et surtout, se ressemblaient. Le travail n'était qu'une raison pour sortir de chez lui, et encore, quand il en avait le courage. Les soirs, il les passait dans des bars, entouré de gens heureux, ce qui ne faisait que renforcer son sentiment d'isolement social. Ses liens avec ses proches étaient pour la plupart rompus, et ses aléas avec l'alcool ne faisaient qu'empirer la situation. C'est donc dans un monde sans couleur, sans sentiment et sans ambition qu'il vivait, ne respirant que par instinct de survie.

Des soirées comme celle-ci, il en avait fait des centaines. Il connaissait déjà le topo. Il allait rencontrer des gens avec lesquels il n'arriverait pas à communiquer, l'esprit trop torturé, puis allait rapidement devenir pensif, seul, dans un coin avec sa bière, tentant d'évaluer l'aspect négatif de son comportement sur sa vie sociale. Il terminerait la soirée fatigué, et comme toujours, avec un verre de trop; il chercherait une solution pour ne pas avoir à se retrouver tout seul dans son profond désarroi, et sortirait déçu de tout ce temps perdu, sans pouvoir trouver la moindre solution pour corriger le tir.

Toutefois, la question sur le moment n'était pas de savoir si sa méprisable petite vie serait différente quelques heures après, mais plutôt de savoir s'il aurait tout simplement la force de répéter une nouvelle fois son processus d'exclusion et de dégradation de soi-même. A quelques minutes de la venue de son meilleur ami dans son appartement, la décision était prise, et c'est nonchalamment qu'il hâtait sa préparation pour éviter tout retard. Mais ce soir-ci, beaucoup de choses allaient changer. Sans le savoir, et par sa décision positive, il venait de sceller son passé, de tourner la page, et de s'engager dans la plus belle histoire de toute sa vie.

Lors ce qu'il arriva à la soirée, il fut présenté à une personne, qui après réflexion, s'est en fait avérée être un petit ange. Il ne la quitta pas des yeux une seule seconde. Pour la première fois depuis presque un an, il ressenti quelque chose de différent à son égard. Il ne la mépriserait pas comme toutes les personnes précédentes ayant croisé son chemin, il ne savait pas pourquoi, mais il le ressentait : cette personne semblait unique, et il devait absolument agir différemment. Sa grâce, sa joie de vivre, son regard, sa démarche, tout : tout chez elle le faisait frissonner comme jamais. Il ne s'était pas trompé, il croisait pour la première fois de sa vie un petit ange.

Les échanges avaient été rares durant la soirée, et il craignait de ne jamais la revoir. Tout ne s'était pas passé comme prévu, mais d'un côté, cela l'aurait étonné. A force de se morfondre, son esprit avait développé un aspect irrationnel et défaitiste qui, même avec la meilleure volonté du monde, l'empêchait encore de présenter un visage ne serait-ce que amical. Mais c'était sans compter sur la richesse d'esprit du petit ange. Ils se reverraient la semaine suivante, même heure, même lieu, même genre de soirée, mais cette fois-ci, avec la volonté de bien faire les choses. Il savait très bien qu'il ne pouvait pas rater sa deuxième chance.

Cette semaine suivante, ses rapports avec le petit ange s'amélioraient. Il avait réussi à bafouiller deux ou trois mots, n'avait pas bu pour éviter toute catastrophe sociale, et avait même réussi à lui faire esquisser un sourire. Croyez-moi, faire sourire un petit ange n'est pas chose simple, mais cela provoque des sensations indescriptibles, un mélange de frissons et de battements de cœur accélérés. Le petit ange était fidèle à elle-même. Encore plus majestueuse que la fois précédente, on ne voyait qu'elle; chacun de ses mouvements semblaient suivre une trajectoire parfaite, proche de la perfection. N'étant pas le seul à l'avoir remarqué, il décida de jeter son dévolu sur elle, car il le ressentait au plus profond de lui-même, ce serait ce petit ange, ou personne d'autre.

C'est à ce moment que tout à prit forme. Au réveil, le matin, l'après-midi, le soir, au milieu de la nuit : il ne cessait de penser à elle. Ce petit ange était devenu sa raison de vivre, sa raison d'espérer, sa raison de ne pas baisser les bras pour subir la vie. Il venait de découvrir une nouvelle raison d'exister, et ainsi, une nouvelle raison d'être. Son comportement changeait, il reprenait confiance en lui, et plus le temps passait, plus son sentiment grandissait. Ces quelques semaines avaient suffit à le changer d'un extrême à l'autre. Il ne savait encore pas qu'il ne s'agissait que des prémisses d'une histoire merveilleuse, l'histoire dont tout le monde rêve, l'histoire qu'il vivrait avec un petit ange.

Leur relation avait évoluée, et il en remerciait encore le ciel. Au fil du temps, il avait appris à découvrir ce petit être, qui semblait sorti des plus beaux songes. Il avait appris à la comprendre, à la ravir, à la rendre heureuse, et même, à l'aimer. Il n'était plus le même homme; sa vie reprenait des couleurs, ses problèmes disparaissaient aussi rapidement que ses désirs ambitieux naissaient, et il consacrait alors chaque minute de son temps-libre à la satisfaction de son joyau, de son trésor. Ils le savaient tous, nul ne devrait essayer de rompre cette formidable histoire qui prenait forme, car il était prêt à tout. Elle avait changé sa vie, l'avait comme repêché des eaux du désespoir, et il lui serait éternellement reconnaissant.

Il vivait ce que tout être humain rêve de vivre à chaque instant, mais en plus fort. Auparavant, il ne connaissait qu'à peine le sens du mot Bonheur, aujourd'hui, il venait d'en inventer une nouvelle définition. Elle était tout ce qu'il y avait de plus beau sur cette terre; son corps tout entier frissonnait à chaque regard, à chaque sourire, à chaque caresse. Il ne savait pas s'il méritait de vivre une telle extase, mais peu importe : il la vivrait à fond.

Les plus belles choses de ce monde ne sont pas là où on les cherche. Tout homme ne comprenant pas ce concept se leurre. Il aurait pu voyager à travers le monde, ou s'entourer des meilleurs amis de la terre, il n'aurait jamais connu ce sentiment qui brûlait en lui depuis plusieurs mois. Ce sentiment, ultime, était la plus belle chose du monde : il était amoureux d'un petit ange.

mercredi 15 avril 2009

La chute

Ça commence par un petit point. Qui en fait n'en est pas un. Inconscience, naïveté, aucune inquiétude, ça n'arrive qu'aux autres. Les mois filent, les saisons aussi. Croissance, progression, une nouvelle bataille de perdue. Assez perdu de temps, c'est l'heure du premier bilan. Inconscience, naïveté, aucune inquiétude, ça n'arrive qu'aux autres. Aucun danger, tout ira bien. La nouvelle tombe, tout ne va pas bien. Indications, conseils, détachement, irrespect, pas d'implication, un patient comme un autre. Inconscience, naïveté, aucune inquiétude, ça n'arrive qu'aux autres. C'est l'heure du déni.

Le temps passe. Premières erreurs, premières douleurs. Expansion, croissance, mais localisation. Inconscience, naïveté, aucune inquiétude, ça n'arrive qu'aux autres. C'est l'heure de la colère. On en veut au monde entier. La vie continue, les mois filent, les saisons aussi. Joie, bonheur, gâchés dans le fond, savourés dans la forme. Premier doute, première réflexion, première prise de conscience. Abandon, mise à l'écart. Inconscience, naïveté, aucune inquiétude, ça n'arrive qu'aux autres. Les regards changent, les mots ne sont plus les mêmes, les maux non plus. Prise de conscience, c'est l'heure du second bilan. Tout va bien, dans le principe. C'est l'heure du marchandage.

Bientôt une année écoulée. Rien ne va plus, c'est officieux, mais depuis peu, également officiel. Douleur accentuée, perte du sommeil, erreurs, doutes, pulsions incontrôlées. C'est l'heure de la dépression. Croissance, développement, et pourtant, c'est la crise. Inconscience, naïveté, aucune inquiétude, ça n'arrive qu'aux autres. C'est l'heure du troisième bilan. Grands bâtiments, blouses blanches, odeur du désinfectant. Mots pour maux, yeux dans les yeux, examens préliminaires, nouveaux médicaments. Dessins de l'évolution, pupilles écarquillés. Inconscience, naïveté, aucune inquiétude, ça n'arrive qu'aux autres.

Bilan lipidique, créatinine, transaminases, lymphatiques, cellules, dégénérescence, sécrétions, nerfs nociceptifs, trente cinq jours, quatre jours. Inconscience, naïveté, aucune inquiétude, ça n'arrive qu'aux autres. Daivobet, Soriatane, Mycoster, Locapred, Kertyol, Apsor, étrange phototype. Inconscience, naïveté, aucune inquiétude, ça n'arrive qu'aux autres. Gouttes, poussées, vaccins, pollinose, pericardite, peroxyde de benzoyle, CAT, où tombent mes cheveux ? UVB Thérapie, Héliothérapie, Allergologie. Bâtiment 4H, bâtiment 5F, bâtiment 3C, suivi psychologique, cancerologue. C'est l'heure de l'acceptation. Laisse toi glisser, laisser toi filer. Inconscience, naïveté, aucune inquiétude, ça n'arrive qu'aux autres.

Tu as beau dire ce que tu veux, croire ce que tu penses, la vérité est autre. Tu crois voir blanc, mais tu penses noir. Tu crois marcher dans l'herbe, mais tu cours dans le sable. Tu crois rire, mais tu souris. Tu crois que tu respires, mais tu soupires. Tu crois que tu croîs, tu hurles, mais tu brûles. Conscience, lucidité, inquiétude : ça n'arrive pas qu'aux autres.

mardi 17 février 2009

Jeunesse, ivresse continuelle

La plupart des lecteurs -s'il y en a- regretterons probablement ma naïveté, notamment lorsque je parle de ma jeunesse. Il va se soi qu'à 22 ans, la route est encore longue avant de pouvoir véritablement nourrir des regrets; il m'est néanmoins possible de rester nostalgique lorsque je repense à ce que j'ai d'ors et déjà vécu.

Mes premiers souvenirs remontent à 1990 environ. Je me souviens de mon petit lit à barreaux, à proximité de celui de mon frère. Nous ne pouvions pas dormir sans l'apport réconfortant d'une veilleuse, qui illuminait le plafond d'une lumière orangée. Chaque week-end, mes grands parents venaient à la maison, et ma grand-mère prenait un grand plaisir à nous faire faire des tours de poussette dans l'allée. J'investissais la plupart de mon temps à manger, dormir, ou dessiner des œuvres d'art sur la tapisserie du couloir, fort heureusement rénovée depuis. A la maternelle, je faisais des colliers de nouille, de la peinture, et même des structures en plâtre, toujours trop fines, toujours tordues, et toujours risibles aux yeux de mes camarades. La sieste du début d'après midi me permettait d'oublier tous mes soucis, tout comme les biberons de lait tiède que me tendait ma mère à ma rentrée.

Néanmoins, mes souvenirs les plus précis remontent à 1991 et 1992. Mon père, s'asseyait chaque soir sur mon lit, et me chantais des comptines jusqu'à ce que je m'endorme. Ma chanson préférée était "Frère Jacques", probablement parce que je trouvais amusante la relation entre les paroles et le prénom de mon père. Mon grand-père s'arrachait ses derniers cheveux en essayer de m'apprendre à écrire correctement, avec des formes de lettres datant elles-même de son grand-père, et des structures de phrases dignes de l'académie française : je lui dois beaucoup. A l'école primaire, j'étais l'un des meilleurs au football, mais pas forcément le plus populaire, bien qu'intégré. Souvent, je regardais ma maison par la fenêtre, située à deux kilomètres environ, sur une coline voisine. Je passais de nombreuses heures à lire, ou plutôt regarder -par flemmardise- des bandes dessinées de Lucky Luke et de Tintin, et maniait avec précaution les sabres, épées et fusils, souvent trop lourds pour moi, de la collection de mon grand-père. Ma soeur, âinée de quatre enfants, entrait dans sa période rebelle, et organisait chaque week-end de grosses "raves" au sous-sol. Je descendais régulièrement saluer ses amis skinned, guitares électriques à la main, qui se moquaient à la fois de mes bottes -tout le monde m'appelait "Aaaiiiiigle"- et du fait que j'étais plus petit que les enceintes. C'est aussi l'époque de ma première copine, Anaëlle -accessoirement ex puis future ex de mon frère- et je ne vous détaille pas en quoi consista ma découverte lorsqu'elle m'emmena dans les toilettes des filles.

Ce qui m'a probablement le plus marqué aux alentours de 1995, ce sont les heures investies par mon père pour m'aider à faire mes devoirs. Nous nous installions chaque soir sur le canapé -aujourd'hui dans mon salon, quelle nostalgie !- et ouvrions mes cahiers. Chaque soir, le même rituel, mon frère installé à la droite de mon père, moi à sa gauche. Nous passions des heures à apprendre nos leçons, et je revois encore mon père gémir cruellement de notre manque d'attention et de concentration. Notre esprit était ailleurs, à l'époque. Car à 9 ans, nous ne vivions que pour le sport. Abandonnée la natation, concept trop mouillé, place au football et au tennis. Je sens encore l'odeur du terrain couvert de mon village à chaque fois que j'entre sur un terrain, telle la madeleine de Proust, ou son pavé de Venise. Le week-end, ma mère mettait des albums des Beattles et des Bee Gees à plein volume -je ne peux plus m'en passer, encore aujourd'hui-, ou des albums de Era lors de la sieste. Mes sœurs, quand à elles, n'hésitaient pas à me faire écouter des cassettes des Pixies, de Téléphone ou encore de The Cure, ce qui explique ma passion pour ces groupes à l'heure actuelle. Certains soirs, j'allais ennuyer ma sœur dans ses révisions, afin de respecter le ratio d'ennuis que peut apporter un petit garçon de mon âge. Je récupérais ses feuilles, sur lesquelles étaient inscrites de nombreuses formules étranges, ainsi que des signes à l'allure bizarre : je cotoyais pour la première fois des équations, intégrales et autres graphiques d'asymptotes. Je revois encore mon maitre d'école, nous passant de la musique classique en fin de journée pour nous relaxer, ou offrir des bonbons aux élèves les plus méritants : je n'en ai jamais eu un seul, sur toute la période de l'école primaire. Mon frère venait d'obtenir sa propre chambre, à côté de la mienne, et nous communiquions dans notre langage de jumeaux des heures durant, au grand damne de mon père, obligé de se relever presque chaque soir. T.m.p.p.p.j.m.s, nous disions nous. Ça voulait dire "Bonne Nuit".

En 1999, ma seconde sœur a acheté son premier "Pentium 3", ordinateur surpuissant à l'époque, moins puissant que mon téléphone actuel. Je passais des heures à la supplier pour qu'elle me laisser y jouer quelques minutes chaque soir, la poussant souvent à nerfs. C'était l'époque de Warcraft 1, de Sim City, de Dig, de Gta 1. Quelle fut notre joie quand ma sœur se sépara de son "Pentium 2", nous permettant d'y accéder librement ! Pendant que je m'épanouissais sur ces concepts hallucinants à mes yeux, mon frère préférait se concentrer sur l'aspect technique de l'ordinateur : cela explique pourquoi il est aujourd'hui ingénieur en informatique. A cette époque, très sportif, je terminais meilleur buteur du club de football de mon village, et participais à mes premiers tournois de tennis, ainsi qu'à ses premières finales. Mon père continuait à me faire réciter mes leçons, mais plutôt sur la table cette fois-ci, ça faisait plus "grand". Au collège, à chaque pause, nous jouions à la "gouttière", un jeu consistant en l'envoi d'une balle de tennis sur une gouttière murale d'un des bâtiments. Lorsque nous n'arrivions pas à récupérer la balle rapidement, les "grands" nous la volaient, et se donnaient un malin plaisir à l'envoyer de l'autre côté de la palissade, autant dire au bout du monde. C'est également l'époque des jeux de rôle sur papier, auxquels nous jouions au lieu de déjeuner à midi : nous avions même créé notre propre activité au sein du collège. J'allais souvent chez un ami pour jouer à la playstation, en sortant des cours. Nous mangions du nutella et buvions du jus multivitaminé, afin d'engendrer les ressources nécessaires à une bonne concentration, et en attendant que ma mère vienne me chercher. Je commençais tout juste à m'intéresser à la numismatie, la collection de pièces de monnaie anciennes, qui a comblé un certain nombre de mes soirées dans les années qui ont suivi. Chaque jour se ressemblait, mais nourrissait mes désirs de pré-adolescent, et c'est ainsi que les années se sont enchainées pour qu'aujourd'hui, en 2009, je sois présent afin de vous en parler.

Il s'agit bien évidemment des grandes lignes de ma jeunesse, il serait indésirable d'entreprendre une rédaction plus complète de ces éléments, d'abord parce que cela serait trop long, mais aussi parce qu'il est fort agréable de ressusciter certains souvenirs et d'oublier les autres. La jeunesse est une ivresse continuelle qu'il est important de garder dans ses esprits, de préserver du monde extérieur, afin de lui donner ses propres couleurs.